Du 19 juillet au 4 août 2026, les bénévoles de la Cellule Feux de Forêt des Réserves Communales de Sécurité Civile du Var se sont relayés sans interruption sur les secteurs de Pontevès puis du Gros Bessillon pour appuyer les sapeurs-pompiers dans la lutte contre deux incendies successifs. Retour sur quatorze jours d’engagement.
Une mobilisation qui s’est enchaînée sans temps mort
Tout commence le 21 juillet, lorsque le poste de commandement « Harpon », jusque-là engagé sur le feu de Taradeau, bascule sur le secteur de Pontevès. Dès le lendemain, la mobilisation monte en puissance : environ 19 bénévoles et six communes (Salernes, la Verdière, Villecroze, Le Val, Bras, Néoules et Pontevès) sont engagés en renfort en une seule journée, dans des conditions difficiles marquées par des rafales de vent de l’ordre de 130 km/h.
Pendant neuf jours, les équipes se relaient pour assurer une présence continue : traitement des lisières, extinction de fumerolles et de reprises de feu, ravitaillement en eau et en carburant, reconnaissances à la demande des maires, appui logistique, et même la prise en charge d’un signalement d’individu suspect en lien avec la gendarmerie. Le dispositif Pontevès se referme le 29 juillet.
À peine deux jours plus tard, le feu se déclare sur le massif du Gros Bessillon. Le PC Harpon est repositionné dès le 31 juillet en fin de journée sur la commune de Montfort-sur-Argens — la main courante est ouverte moins d’une heure après l’arrivée sur site. De nouvelles communes rejoignent alors le dispositif : Bormes-les-Mimosas, Le Castellet, Roquebrune-sur-Argens, Belgentier, Carnoules, Puget-Ville, Pignans, La Londe-les-Maures, La Valette-du-Var et Sanary-sur-Mer, aux côtés des équipes déjà mobilisées sur Pontevès.
Le 1er août, une reprise de feu au lieu-dit La Gipière est détectée et traitée par une équipe CCFF avant d’être relevée par un groupe du bataillon de marins-pompiers de Marseille, compte tenu de l’ampleur du sinistre. Le pic de la séquence est atteint le 3 août, avec huit patrouilles simultanées et vingt-deux bénévoles engagés sur la seule journée. Le dispositif se referme le 4 août à 17h45, après un dernier signalement de dégâts sur le secteur du Vallon Sourn.
Les chiffres de cette mobilisation
Sur l’ensemble de la période, du 19 juillet au 4 août :
- 18 communes varoises mobilisées
- 196 présences bénévoles cumulées
- près de 1 988 heures de bénévolat
- environ 35 785 € de valorisation de l’engagement (base 18 €/heure)
À titre de comparaison, ce sont en moyenne 120 patrouilles qui parcourent chaque jour les massifs varois en période estivale (160 les jours en rouge extrême) — un travail de fond, largement méconnu, qui a montré ici toute son utilité lors d’un épisode majeur.
Une chaîne de solidarité entre communes
Au-delà des chiffres, cette mobilisation illustre avant tout la capacité des CCFF varois à se soutenir dès qu’un territoire est touché par un incendie important. Jour après jour, de nouvelles équipes ont pris le relais pour que la présence sur le terrain ne faiblisse jamais, dans une coordination constante avec les sapeurs-pompiers, le CODIS, la gendarmerie, les mairies, l’ONF et la DDTM.
Comme le rappelle Philippe Laureri, président de l’AD RCSC-CCFF 83 :
« Quand les flammes progressent, il n’y a plus de couleur de commune. Il n’y a qu’une seule couleur : l’orange de nos bénévoles, celui de l’engagement et de la solidarité. Au Gros Bessillon, chacun est venu renforcer l’autre pour protéger un même territoire. »
Merci à toutes celles et ceux qui se sont engagés
Nous tenons à remercier chaleureusement l’ensemble des bénévoles et des comités communaux qui se sont relayés pendant ces deux semaines, ainsi que les sapeurs-pompiers, la gendarmerie et l’ensemble des services avec lesquels nous avons travaillé en étroite coordination. Cette mobilisation rappelle, s’il en était besoin, le rôle essentiel que jouent nos équipes de terrain dans la protection des massifs et des populations du Var — un engagement discret, mais toujours présent quand il le faut.
